Dimanche 21 mars 2010, 16h : Concert piano et orgue

 

Les Musiciens :

  • Olivier MOULIN, piano (Concertiste international, Lauréat du Concours International de Piano d'Epinal)
  • Frédéric MAYEUR, orgue (Premier Prix du CNSM de Paris, concertiste international, directeur de l'Ecole Diocésaine d'Orgue, organiste titulaire de St Eucaire de Metz) 

Programme :

Ludwig van BEETHOVEN (1770-1827)

Sonate N° 23 "Appassionata" (piano)

Allegro assai - Andante con moto - Allegro ma non troppo

Franz LISZT (1811-1886)

  • "Orpheus" Symphonische Dichtung (orgue)
  • Nuages gris (piano)
  • Consolation en Mi majeur (orgue)
  • Sonnet de Pétrarque 104 (piano)
  • Totentanz (orgue et piano)

programme ici : programme 21 mars 2010

Les plus Cool : 

  • Concert retransmis sur grand écran
  • Concert commenté
  • Le pianiste jouera sur un piano Steinway A
  • Cocktail offert dans l'église à l'issue du concert
  • Rencontre avec les musiciens à l'issue du concert
  • Ouverture au public des portes de l'orgue à l'issue du concert

Entrée : libre - plateau

Présentation des musiciens en quelques mots :

 Né à Lyon en 1978, Olivier Moulin débute l’étude du piano à l’âge de 7 ans. Après l’obtention d’une Médaille d’Or au Conservatoire National de Région de Lyon dans les classes de Françoise Barbier puis d'Hervé Billaut, il est admis à l’unanimité au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon dans les classes d’Eric Heidsieck, Danièle Renault-Fasquelle et Géry Moutier. Il y reçoit alors le Diplôme National d’Etudes Supérieures Musicales de piano mention très bien à l’unanimité avec les félicitations du jury. Après un cycle de perfectionnement où il est reçu premier nommé, il étudie durant trois années au Mozarteum de Salzbourg dans les classes du pédagogue allemand Karl-Heinz Kämmerling pour le piano et de Clemens Hagen pour la musique de chambre. Il y obtient le Master of Arts avec les félicitations du jury. Il a bénéficié également des conseils d’Aldo Ciccolini, Jean-François Heisser, Yvonne Loriod-Messiaen, Roger Muraro, Sergio Perticaroli, Jacques Rouvier… Remarqué très jeune lors d’un concours organisé par Radio-France où il remporte le 1er Prix du Royaume de la Musique, Olivier est également lauréat du Concours International de piano d’Epinal et du Prix des Jeunesses Musicales de France, du prix « FLAME » à Paris, de l’Académie Internationale Maurice Ravel, de l’Académie Internationale de Bernburg (Allemagne), et du Mécénat Musical Société Générale. Il s’est produit dans des salles prestigieuses telles que l’Auditorium du Louvre, le Grand Auditorium de Radio-France, l’Unesco, la Salle Gaveau, le Mozarteum de Salzbourg, la Salle Cortot, l’Opéra National de Lyon, le Sentei Hall d'Osaka… et est l'invité de divers festivals: Annecy, Ars-Terra, Chopin à l'Orangerie de Bagatelle, Divonne, Festival des Forêts, Festival Maurice Ravel à Saint-Jean-de-Luz, La Vézère, Festival de Montpellier et Radio-France, Musicora, Piano en Arvor, Rencontres Musicales en Artois, Saoû chante Mozart, Sully-sur-Loire, Central European Music Festival… en récital, en soliste avec orchestre, ou en duo avec le trompettiste et corniste David Guerrier. A l’étranger, il joue dans toute l’Europe (Autriche, Allemagne, Belgique, Espagne, Norvège, Portugal, Slovénie, Slovaquie, Suisse…) ainsi qu’en Amérique du Nord et au Japon: Il enregistre régulièrement pour la radio et la télévision française et étrangère. Titulaire du Certificat d’Aptitude à l'enseignement, Olivier est professeur de piano à l’Ecole Nationale de Musique d’Epinal et intervient en tant que conseiller pédagogique auprès du Cefedem de Lorraine. Voir son site : http://www.oliviermoulin.com/

 

 Né à Longwy en 1976, Frédéric MAYEUR commence son parcours musical par l’étude du piano dans sa ville natale. Particulièrement attiré par l’orgue, il entre en 1994 au Conservatoire National de Région de STRASBOURG où il aura la chance d’étudier cet instrument dans les classes d’André STRICKER et Marc SCHAEFER. Il étudie également le clavecin avec Aline ZYLBERAÏCH et la musique ancienne avec Martin GESTER . Après avoir obtenu le premier prix d’orgue, le premier prix de perfectionnement et le premier prix de clavecin du C.N.R de STRASBOURG en juin 1999, il est accepté dans la classe d’orgue d’Olivier LATRY et Michel BOUVARD au C.N.S.M de PARIS, études qu’il conclut en juin 2002 par l’obtention du Diplôme de Formation Supérieure, section « orgue-interprétation ». Il y étudie également l’écriture dans les classes de Jean-François ZYGEL (harmonie) et Jean-Baptiste COURTOIS (contrepoint). Il est depuis juin 2005 titulaire du Certificat d’Aptitude au métier de professeur d’orgue. Frédéric MAYEUR a enseigné la culture musicale et la formation musicale au sein de l’E.N.M d’Epinal de Septembre 2005 à Juin 2008. Il est depuis septembre 2008 Directeur du centre de formation des Organistes liturgiques du Diocèse de Metz, structure visant à relancer le métier de Musicien d'Eglise dans le Département Mosellan. Il est également formateur au C.E.F.E.D.E.M de Lorraine. Organiste titulaire de l’orgue Cavaillé-Coll-Mutin de Saint Eucaire de METZ dont il a suivi de près la restauration, Frédéric MAYEUR donne de nombreux concerts en France et à l’étranger. Voir son site : http://mayeur.frederic.free.fr/

Edito

Mon premier a des touches blanches et noires

Mon second a des touches blanches et noires

Mon premier possède un clavier

Mon second possède plusieurs claviers

Mon premier a quatre-vingt-huit cordes

Mon second a mille huit cent tuyaux

Mon tout est l’union de deux instruments pour ce concert…

Qui suis-je ?

Le « pianorgue », pardi !

Cet après-midi la saison culturelle de Contz-les-Bains s’ouvre sur cette machine sonore un peu bizarre qu’est le « pianorgue ». Celui-ci allie deux instruments aussi puissants que doux, aussi impressionnants qu’intimistes, aussi majestueux que délicats que sont le piano et l’orgue.

Rares sont les concerts permettant d’entendre ces deux instruments côte à côte, encore plus rares sont ceux qui donnent à les savourer quasiment à l’unisson. « Autour de l’Orgue » vous propose de savourer pleinement cet alliage musical inattendu.

On a souvent dit que le piano était pour le concert et l’orgue pour l’église. Et bien aujourd’hui, nos deux instruments à claviers vont nous prouver à quel point ils se complètent. Qui mieux que ces deux instruments peuvent exprimer l’exubérance, la colère, la mélancolie, la prière… ? Et si tous ces mots résonnent en nous comme des notes de musique, c’est bien que la musique justement a le pouvoir de subjuguer le présent, de donner à vivre une autre dimension de la réalité. En bref : de s’évader.

Deux jeunes talents, aussi prometteurs que sympathiques, se donnent aujourd’hui dans ce qu’il ont de plus précieux à nous offrir : leur art. Et c’est art il le partage avec nous dans des voyages musicaux de Beethoven et Liszt.

Et si la musique nous donnait des ailes ? pour oublier la guerre, pour oublier le mépris, pour oublier la misère, pour oublier la souffrance ? Essayons pour voir : juste l’instant d’un concert… juste l’instant d’une œuvre de Beethoven… juste l’instant d’une phrase musicale de Liszt… juste l’instant d’un accord majeur au piano… juste l’instant d’une note de musique…

Merveilleux concert à vous,

L’équipe d’Autour de l’Orgue

Présentation des pièces du concert :

Ludwig van Beethoven : voilà un nom qui nous évoque à tous quelque chose. Brossons son portrait en quelques points : Sa vie : né en 1770 à Bonn, il a côtoyé les plus grands : Mozart, Haydn, ou encore Schubert. Son caractère : beaucoup l'ont qualifié d'ours mal embouché. Mais l'image la plus marquante est celle de Beethoven à l'article de la mort, brandissant le poing contre le ciel pendant que se déchaîne l'orage. Son drame intime : la surdité, qui a certainement renforcé le caractère que nous venons d'évoquer. Pour finir, la musique qui a découlé de cette histoire et que nous illustrons par deux termes : antagonisme et affrontement. Venons-en à l'œuvre interprétée ce soir : la Sonate n° 23 pour piano, dont le titre " Appassionata " fut donné par l'éditeur CRANZ. Beethoven considérait cette sonate comme sa plus grande. C'est celle qui s'adapte le mieux à son portrait psychologique tel que le décrit Romain Rolland : " un torrent de feu dans un lit de granit ". Rappelons, pour l'anecdote, que Beethoven est mort d'une double pneumonie, pendant un très symbolique orage.
 
Le premier mouvement, Allegro assai, est bâti sur deux thèmes issus d'un même motif rythmique, donnant une impulsion à la sonate. Le climat est fantomatique : le thème est exposé aux deux mains à l'unisson sur un arpège dans le grave et pianissimo. L'allegro est lancé par un trait fulgurant de doubles croches dévalant le clavier. Le mouvement s'achèvera par le thème sombrant dans l'extrême grave, comme si la folie s'éteignait dans l'ombre et l'immobilité. Le deuxième mouvement, Andante con moto, est construit en variations. La musique s'éclaircit et s'accélère au fur et à mesure. Le thème, solennel, semble celui d'une lente procession d'esprits fantomatiques. Pour finir, l'Allegro ma non troppo ramène le climat du premier mouvement. Le thème apparaît comme une hallucination transperçant le crépitement incessant et rageur des doubles croches. L'œuvre s'achève sur une coda quasi démoniaque où se mêlent le thème et l'accompagnement dans un mouvement frénétique.
 
Venons-en à présent à Franz LISZT que nous vous présentons en quelques adjectifs : généreux, séducteur, virtuose, mystique, et bien sûr romantique avec un grand " R ". Né en Hongrie en 1811, il vit principalement à Paris à partir de 1823, il y étudie et fréquente les salons parisiens. En 1861, c'est sa deuxième facette qui prend le dessus : il entre en religion à Rome. Liszt fut un pianiste exceptionnel, mais il ne fut pas seulement un abatteur de touches. Il fut le premier à avoir mis à mal la tonalité, à avoir utilisé les modes réels, le chromatisme... il ouvrit ni plus, ni moins la voie à Bartok.
Nous entendrons tout d'abord " Orpheus " qui est le quatrième poème symphonique, interprété ce soir par l'orgue. Cette partition fut originellement conçue comme prologue à la tragédie lyrique du même nom de Glück. L'orgue y est vibrant d'expression. La pièce est construite sur un grand crescendo, puis se termine par des accords en écho quasiment murmurés.

Nous retrouverons ensuite le piano avec " Nuages gris ". Contrairement aux autres œuvres de Liszt qui sont virtuoses, cette pièce est courte et techniquement simple. L'harmonie, très recherchée, donne un ton noir et morbide à cette pièce, reflétant la dépression que subissait Liszt à ce moment de sa vie.

Nous nous intéressons à présent à la " Consolation en Mi Majeur " à l'orgue. Les consolations sont des pièces brèves, qui ne sont guère éloignées du style de Robert Schumann. Elles furent qualifiées de musique de salon, à cause de certaines suavités. Nous vous laissons constater par vous-même que ce jugement est trop sévère.

Le " Sonnet de Pretarque " sera ce soir la dernière pièce pour piano seul. Cette page, rarement jouée, compte parmi les passages les plus extraordinaires de Liszt. Elle tire parti des différentes sonorités du clavier. Quant à la construction, elle fait preuve d'une fluidité originale : la basse est décalée par rapport à la ligne supérieure, ce qui donne une grande impression de liberté.

Voici venu le moment tant attendu : le piano et l'orgue interprétant ensemble la " Totentanz " de Liszt. Sa principale particularité est d'être basée sur la mélodie de plain-chant grégorien du Dies Irae. Cette pièce montre la fascination de Liszt pour la mort, tout comme " Funérailles " ou encore " La Lugubre gondole ". Pour ce qui est du style, le traitement fait du Dies Irae, mêlé au contrepoint, est très innovant, tout comme le rôle confié au piano, étonnamment percussif. Nous ne pouvons que faire le rapprochement avec la Sonate pour deux pianos et percussions de Bartok. A découvrir dans un prochain concert ??

Texte : Véronique FERING (mars 2010, droits réservés)

Partenaire exclusif de ce concert :

Pianos Kleber soutient Autour de l'Orgue

20 Rue Goethe L-1637 LUXEMBOURG / www.pianoskleber.lu / Fournisseur Officiel de la Cour du Grand Duché du Luxembourg