Trompette et orgue : Dimanche 11 avril 2010 à 16h00

Les Musiciens :

  • Romain LELEU, trompette (Révélation Instrumentale des Victoires de la Musique Classique 2009)
  • Ghislain LEROY, orgue (Lauréat du V° Concours International d'Orgue de Paris, concertiste international) 

Programme :

  • Vassily Brandt (1869-1923), Pièce de Concert No 2 opus 12, trompette et orgue
  • César Franck (1822-1890), Pièce héroïque
  • Jean Sébastien Bach (1685-1750), Concerto en Ré majeur BWV 972 d’après Vivaldi, trompette et orgue
  • Jean Sébastien Bach (1685-1750)Aria de la Cantate 208, trompette et orgue
  • Jean Sébastien Bach (1685-1750), Choral O Mensch bewein dein Sünde gross, BWV 622

    • Georg Friedrich Haendel (1685-1759), L’Harmonieux Forgeron, air varié, trompette et orgue
    • Jean Rivier (1896-1987), Aria
    • Charles Tournemire (1870-1939), Choral-Improvisation sur Victimae Paschali (transcription par Maurice Duruflé)
    • Almicare Ponchielli (1834-1886), Thème et Variations

Les plus Cool : 

  • Concert commenté
  • Cocktail offert dans l'église à l'issue du concert
  • Rencontre avec les musiciens à l'issue du concert
  • Ouverture au public des portes de l'orgue à l'issue du concert

Entrée : libre - plateau

Présentation des musiciens en quelques mots :

Romain Leleu - photo : E. Mannas Nouveau phénomène de la trompette, Romain Leleu, jeune musicien de 25 ans simple et généreux, offre à chaque apparition une sonorité et une musicalité impressionnantes, une délicatesse et une douceur d’approche de son instrument. Il y a une sorte d’agilité et d’espièglerie dans le jeu de Romain Leleu qui ne laisse personne indifférent. À 15 ans, il intègre le CNSM de Paris et reçoit en 2003 un 1er Prix de trompette mention très bien suivi par un Prix de musique de chambre mention très bien à l’unanimité. Durant son cursus, Reinhold Friedrich le remarque et l’invite dans sa classe à la Hochschule für Musik de Karlsruhe en Allemagne. Lauréat du Concours International « Festival Musical d’Automne de Jeunes Interprètes » et Prix spécial d’interprétation du Concours International « Lieksa Brass Week» en Finlande en 1999, il remporte en 2005 le 3e Prix du Concours International de Musique de Chambre de Lyon et est nommé « Révélation Classique » de l’Adami. Digne héritier de la grande école française de trompette, Romain Leleu se produit lors d’importants festivals et sur de grandes scènes telles que le Musée d’Orsay en compagnie de Xavier Philips, Romain Guyot, Emmanuel Strosser, le Festival de la Roque d’Anthéron, le Festival Radio France de Montpellier, les Flâneries Musicales de Reims, le Festival de Saint-Denis, le Festival d’Auvers-sur-Oise, le Festival de Prades, le Festival Estival d’Annecy, Salle Cortot, Salle Gaveau… Ainsi qu’en soliste avec l’Orchestre National de Lorraine, l’Orchestre de Bretagne avec qui il a interprété le Concerto pour trompette de Hummel ainsi que celui pour trompette et piano de Chostakovitch, l’Orchestre Régional de Cannes, l’Orchestre des Concerts Colonne, l’Ensemble Orchestral de Normandie, le Württembergisches Kammerorchester Heilbronn… tant en France qu’à l’étranger : Suisse, Belgique, Espagne, Portugal, Turquie, Algérie, Israël, Cuba… Intéressé par la musique de notre époque, Romain a collaboré avec Karol Beffa (créations de Subway et Nuit Etoilée), Philippe Hersant (création de Folk tunes), Eric Tanguy… Passionné par la musique de chambre, Romain fonde en 2000 le Feeling Brass Quintet. Chaleureusement salué par le public en France et à l’étranger, cet ensemble de cuivres est choisi en 2006 par CulturesFrance pour bénéficier du programme « Déclic » en partenariat avec Radio France et Mécénat Musical Société Générale. Depuis 2002, Romain Leleu est « Artiste Yamaha » et lauréat de la Fondation Meyer. Il est régulièrement invité par les radios et télévisions telles que France Musique (« Un mardi idéal », « Cordes sensibles », « La cour des grands », « Sur tous les tons »), France Inter (« Carrefours de Lodéon »), Radio Suisse Romande (Espace 2), Direct 8, France 3… Son premier disque paru en mars 2008 est consacré à des œuvres originales pour trompette et piano paru chez le label Indesens qui a reçu 4 Diapasons.

 

 Ghislain Leroy est né à Tourcoing (France) en 1982. Parallèlement à ses études secondaires, il suit une formation très complète en piano, clavecin, orgue et écriture. Ses premiers professeurs sont Marie-Françoise Marrouflet, Emer Buckley, Aude Heurtematte et Christian Bellegarde. De 2001 à 2003, il suit l'enseignement de François-Henri Houbart au CNR de Rueil-Malmaison où il reçoit les premiers prix et prix de perfectionnement d'orgue. Dans la classe d'orgue du CNSMD de Lyon, il étudie sous la direction de Jean Boyer et Liesbeth Schlumberger, Louis Robilliard puis François Espinasse. Il y obtient le Diplôme national d’études supérieures musicales (DNESM) d’orgue mention très bien à l’unanimité avec félicitations du jury. Le jury du cinquième Concours international d'orgue de la Ville de Paris, présidé par Michel Chapuis, lui décerne, à l’âge de vingt-deux ans, le Premier Grand Prix d'Interprétation. Cette récompense lui donne l’occasion de se produire régulièrement en concert à Paris ainsi que dans les principales cathédrales françaises. Il est en outre invité dans plusieurs grands festivals européens, en Russie et en Asie. Sa discographie comprend des œuvres du XVIIIe siècle jusqu'à nos jours. Soucieux de promouvoir une certaine musique d'orgue contemporaine, il joue régulièrement en concert les œuvres de Jean-Louis Florentz, Jean-Pierre Leguay, Valéry Aubertin ou encore Thierry Escaich. Il a en outre donné en création Deux pièces d'orgue et « Et l'unique cordeau des trompettes marines » de Thomas Lacôte. En 2005, il effectue un travail de recherche sur la personnalité du compositeur et organiste Xavier Darasse et procède à l'inventaire du fonds de documents conservé au CNSM de Lyon. Ghislain Leroy est lauréat du programme « Déclic » de Culturesfrance - Ministère des Affaires étrangères en partenariat avec Radio France et soutenu par Mécénat Musical Société Générale. Il est également boursier de l’ADAMI en 2007. De septembre 2006 à août 2007, il est organiste en résidence au Sapporo Concert Hall (Japon) et se produit lors d'une trentaine de récitals à travers le pays (Suntory Hall de Tokyo, Tokyo Metropolitan Art Space, Kanazawa...). Il a également l’occasion de collaborer avec des chefs d’orchestre tels que Jun’ichi Hirokami, Tadaaki Otaka, Ken Takaseki, Andrey Boreyko et Charles Dutoit, avec lequel il donne deux concerts pour la NHK en compagnie du NHK Symphony Orchestra, diffusés en direct à la radio-télévision japonaise. Ghislain Leroy est titulaire du grand orgue Pascal Quoirin (III claviers, 37 jeux) du Touquet Paris-Plage (Pas-de-Calais).

EDITO
Puissante et énergique pour les uns, intime et féminine pour les autres, la trompette ne cesse de provoquer l'admiration du public. Bien plus encore lorsqu'elle s'associe à l'orgue. L'éclat de l'une relève la rondeur de l'autre pour mieux faire vibrer les voûtes et nos tympans. Trompette royale de la musique française au temps de Louis XIV, trompette colorée des concerti carnavalesques de Venise, trompette sérieuse de l'Allemagne baroque, trompette plaintive du romantisme finissant, trompette androgyne des expériences musicales du XXème siècle sont autant de paysages musicaux où nous fait voyager cet instrument si petit mais si puissant. D'un autre côté, qui mieux que l'orgue peut servir la trompette ? Cet instrument tout à la fois mystérieux et majestueux. Ce « Dieu du Vent » aux milles palettes sonores qui du grave à l'aigu, du pianissimo au fortissimo nous mène vers le zénith de la musique des cieux.Ce concert composé d'œuvres de grands maîtres, donnés par deux jeunes prodiges, ne saura qu'émerveiller nos petites oreilles. De la splendeur du baroque à la création contemporaine, l'orgue et la trompette chantent à l'unisson les merveilles de la musique sous toutes ses formes : tantôt dansante, tantôt priante mais toujours à un haut degré d'intelligence artistique. Laissons-nous envoûter, charmer et surtout enthousiasmer par cette rencontre de deux instruments à vents. Immergeons-nous dans un concert à couper le souffle... Excellent concert à vous,

PRESENTATION DU CONCERT :

C'est au travers d'un voyage dans toute l'Europe auquel nous vous convions durant ce concert où chantent la trompette et l'orgue. Un voyage musical plein de belles surprises en Italie, Allemagne, Russie, et en France aussi.

Trompettiste allemand émigré en Russie, Vassily BRANDT est peu connu du grand public. Pour les spécialistes, il écrivit une trentaine d'études pour trompette, dont il acquit les enseignements au Conservatoire de Moscou. La « Pièce de Concert n°2 », met particulièrement en valeur la musicalité et le sens du phrasé du soliste avant de libérer une énergie virtuose dans un final brillant et inattendu.

Il est courant de trouver en César FRANCK, le père de toute une génération de musiciens romantiques ou l'art reflète une dimension sincère et une grande cohérence intellectuelle. La musique de FRANCK, bien que peu abondante mais riche de grandes pièces pour orgue, musique de chambre, voix ou orchestre a influencé bon nombre de ses successeurs jusqu'à DEBUSSY ou Maurice RAVEL. Son langage suave, son sens de la couleur et de la construction formelle en font un des grands compositeur du Romantisme français. Nous écouterons l'une de ses pièces les plus connues : la « Pièce héroïque ». Elle se compose de trois parties distinctes dont la première et la dernière son quasi identiques. Elle fait chanter les sonorités typiques de l'orgue romantique et dévoile une composition faite de chromatismes et de thèmes récurrents.

S'il existait un compositeur universel, on pourrait certainement parler de Johann-Sebastian BACH. Pourtant, après sa mort, il fut vite oublié et redécouvert près d'un siècle plus tard par des musiciens qui le jouèrent en concert. BACH symbolise aujourd'hui l'apogée de l'époque musicale baroque. Ce fut un musicien complet qui maîtrisa la facture instrumentale, la technique, la composition, l'improvisation, la pédagogie, et la gestion d'une institution musicale.

On dit que BACH contracta sa maladie des yeux en recopiant les partitions de son frère à la lumière de la lune. Ce fut peut-être le cas pour le « Concerto pour trompette de Vivaldi ». Comme beaucoup de compositeurs de son époque, BACH recopiait, arrangeait et transcrivait des œuvres de ses contemporains : VIVALDI, GRIGNY, etc. Le concerto se présente en trois mouvements : vif - lent - vif et déclame avec bonheur des phrases italiennes souples et vivaces. La trompette y est tantôt joueuse, tantôt chaleureuse.

Toujours de BACH, nous découvrirons ensuite un Air, extrait de la Cantate profane « Jagdkantate » (Cantate de la Chasse). Composée en 1713, cette œuvre rend hommage au Duc Christian de Saxe, qui organisait nombre de réceptions et fêtes pour son entourage. Comme son nom l'indique, elle présente un caractère très pastoral et fait quelques références à la musique Française et Italienne baroque. La pièce que nous allons écouter était chantée par un soliste. Elle construite en trois parties.

De BACH pour finir nous écouterons un choral de la Passion. Tiré de l'Orgelbüchlein le choral « Ô Mensch » (« Oh Homme pleure tes lourds pêchés ») est sans conteste le plus bouleversant de tous les chorals. Il évoque les fautes du chrétien, cause du sacrifice de la croix, thème phare de l'église réformée. Ici la musique « colle » parfaitement au texte : elle est composée de chromatismes douloureux, de montées de notes angoissantes, en bref : d'une grande expressivité.


« HAËNDEL est grand comme le monde » disait LISZT. S'il est un compositeur qui su s'imprégner des esthétiques et courants musicaux de toute l'Europe baroque, c'est bien Georg Friedrich HAËNDEL. Compositeur très prolifique, on lui attribue l'écriture d'une quarantaine d'opéras, d'une quantité impressionnante d'œuvres pour claviers, une trentaine de concertos. HAËNDEL fut un maître du contrepoint et demeura ouvert à tous les styles musicaux. La postérité lui trouva une grande expressivité qui allait influencer ses lointains successeurs que seront MOZART, HAYDN, ou BEETHOVEN. HAËNDEL fut l'exact contemporain de BACH, qui, comme lui, mourut de la même intoxication médicamenteuse pour soigner le même mal par le même médecin ! Nous découvrirons les différents mouvements musicaux de la Suite : « L'harmonieux Forgeron » ici interprétée par nos deux musiciens.

Grand héritier de la musique française du XX° siècle, Jean RIVIER a, durant sa longue existence, voué sa vie à l'écriture de la musique pour un nombre impressionnant d'instruments. Néoclassique, comme HONNEGER ou STRAVINSKI, qui l'influencèrent, il su conjuguer la grandeur musicale de ses pièces symphoniques à l'intimité de ses œuvres pour voix et pour instrument soliste. Fidèle à la tradition, il n'en demeura pas moins conciliant avec les nouvelles techniques de son temps. Son écriture musicale est emprunte de clarté et d'élégance, non dénuée de surprises. Voici son « Aria » écrite pour trompette et orgue en 1979.

Charles TOURNEMIRE fut un digne représentant de l'Ecole d'Orgue Française. Tout d'abord élève de César FRANCK, il succède à Gabriel PIERNE - compositeur lorrain - au poste d'organiste de Sainte Clotilde à Paris. Même s'il était avant tout connu pour avoir été un compositeur d'œuvres liturgiques - il composa pour tous les dimanches de l'année liturgiques. Il écrivit également de la musique de chambre, huit symphonies, et plusieurs opéras. TOURNEMIRE montra des talents d'improvisateur de génie et c'est en 1930 qu'il enregistra des œuvres de Franck et improvisa. Ces quelques improvisations furent prises en notes par son élève Maurice Durufflé près de 30 ans plus tard et donnèrent naissance au Choral-Improvisation sur Victimae Paschali. Il s'agit ici d'un œuvre impressionnante dont la conduite du discours musical est faite en trois parties de savantes variations. Elle nous permet de savourer les jeux de l'orgue de Contz.

Nous vous proposons de conclure notre concert par une œuvre de PONCHIELLI. Organiste, compositeur d'opéras et de drames musicaux italiens, PONCHIELLI demeura sans doute le musicien « charnière » entre la tradition d'un VERDI et le modernisme exotique d'un PUCCINI. Doté d'un réel talent dramatique, adulé par son public friand de romantisme, PONCHIELLI su à la fois respecter ses aïeux et, par les signes annonciateurs du Vérisme Italien, présager l'avenir de la musique dramatique de son pays. Nous découvrons la dernière pièce de notre programme « Thème et variations ».